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AM Doë de Maindreville - La vigilance dans le geste

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Il ne faut pas lâcher le mouvement pour rechercher la tranquillité. Il faut au contraire rechercher la tranquillité au sein du mouvement. Dans le mouvement même, il y a une éternelle tranquillité. Mouvement et tranquillité n’ont jamais été séparés.

Seng Chao (374-414)

La pratique posturale du yoga est duelle. Asana, la posture statique est l’aspect le plus répandu de cette pratique. Après une préparation, le corps adopte une attitude donnée et le pratiquant y demeure ; il habite sa posture pour un temps plus ou moins long. Puis, après la posture, il place son corps dans une attitude de repos pour faire place aux sensations avant une éventuelle posture de compensation.
Karana constitue une forme plus dynamique du travail postural. Il s’agit d’enchainer une série de postures et de reprendre cet enchaînement plusieurs fois sur un rythme respiratoire précis.
Notre corps est construit pour le mouvement. Quelques centaines d’articulations nous permettent de faire bouger notre corps dans des directions et des amplitudes variées.
La pratique posturale du yoga est quasi-infinie, même si au cours des siècles elle a été progressivement codifiée par les grands maitres qui se sont succédés.
D’un point de vue physiologique donc, nous sommes des êtres de mouvement. Pour la bonne santé de notre corps, il nous faut bouger. Notre structure osseuse, nos cartilages nécessitent la mise en mouvement du corps pour pouvoir rester en bon état. Des muscles qui ne travaillent pas assez ou plus du tout s’atrophient, se rigidifient, entrainant des douleurs chroniques, des déformations osseuses et articulaires qui deviennent rapidement invalidantes.
La pratique du yoga en mouvements permet la mise en action des articulations, des muscles de façon progressive. La répétition permet au corps de s’assouplir et de se tonifier en même temps. La circulation sanguine est activée, le corps s’échauffe. Mené sur le rythme de la respiration, ce travail peut se prolonger très longtemps, le seuil de la fatigue recule.
Le travail en mouvement permet en outre de « fixer »plus facilement le mental, l’empêchant, par la concentration sur l’action présente, de s’échapper et de vagabonder.
La vigilance est la qualité d’éveil, la qualité de … l’EVEIL.

Anne-Marie Doë de Maindreville
Revue Française de Yoga - Juillet 2002

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Y. Tardan Masquelier - Lâcher prise

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Mot magique qui promet la guérison des maladies de notre temps, le bien-être enfin retrouvé du corps et de l’esprit. Lâcher la prise que nous mettons sur le monde, sur les autres et sur nous–mêmes. Ramer à contre-courant de la propension à prendre conscience, prendre l’air, prendre la parole, prendre forme, prendre place. Défaire le lien qui nous étouffe, car, prenant, nous sommes pris à notre tour par ce que nous prenons. Emprisonnés par ce rapport spontané de possession. La question du lâcher prise semble aussi vieille que l’humanité ; en tout cas, les grandes philosophies antiques en font déjà un sujet de méditation. Je ne mentionnerai ici que le yoga, qui, comme on sait, était une sagesse, une « voie de libération » plutôt qu’une gymnastique.
Le texte de référence de cette voie, les Yoga Sûtra, aborde la question dès le début de son exposé. Parmi les comportements dont le futur yogi doit se défaire et parmi ceux qu’il doit adopter dès le début de la pratique, il me semble que plusieurs sont en lien avec ce que nous mettons sous les termes de « lâcher prise ».
Le premier d’entre eux est la vertu majeure du yoga, celle qui ouvre le chemin :
la non-violence, ahimsâ, un mot qui signifie littéralement « le fait de ne pas nuire ». Puis nous trouvons asteya, « ne pas s’approprier », et encore aparigraha, « ne pas (s’) agripper ». Et le dernier d’entre eux, îshvara pranidhâna, propose de « s’en remettre à plus grand que soi ».
Progression remarquable. Ahimsâ, asteya, aparigraha sont tous trois des termes formés à partir du préfixe privatif sanskrit a- ; ils indiquent le fait de s’abstenir, de laisser, de lâcher. Quant au dernier, il dit quelque chose d’un peu différent, la « remise de soi » à un Autre. Ainsi les Yoga Sûtra tracent-ils un chemin qui va du lâcher prise à l’abandon.
Ils insistent par ailleurs sur la décision qui préside à un tel choix. Le futur yogi doit cultiver une forme de tempérance ; il doit aimer l’intensité, l’ardeur brûlante. A ce prix, sa pratique lui obtiendra un corps et un esprit fermes, déliés, forts. Les Yoga Sûtra  nous disent très clairement que, sans volonté opiniâtre, il n’est pas de yoga, c’est à dire pas de voie de libération.
Il y a donc un délicat équilibre entre « laisser » et « vouloir », mieux encore, une étroite corrélation, qui fonde la subtile progression du lâcher prise à l’abandon.
Notre contexte contemporain diffère évidemment de celui des ascètes philosophes qui ont dessiné l’architecture du yoga.
… Le message est à recevoir sans malentendu : acceptation n’est pas démission, lâcher prise n’est pas laisser aller. Mais c’est dans une certaine forme de faiblesse, là où la maîtrise vient à manquer, ne suffit plus pour avancer, l’acceptation apparaît comme une valeur spirituelle : quand on se démet des positions de toute puissance, qu’on se déprend d’attachements – d’ailleurs encombrants ou douloureux – pour accueillir une présence, une parole, un évènement dans la surprise de leur nouveauté. L’être humain apprend à se laisser faire par l’imprévisible de la vie. Et c’est alors qu’il découvre sa souveraine liberté.


Ysé Tardan Masquelier
Extrait de la Revue Française de Yoga – Juillet 2006

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C. Masson - De la périphérie au centre ...

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  ... du centre vers la périphérie   

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Et vivre un début de séance peut devenir comme un dépouillement progressif pour mieux atteindre une expérience profonde. D’abord arriver dans l’état dans lequel nous nous trouvons, il s’agit de s’accorder un temps d’accueil et d’accueillir le lieu dans lequel chacun va se laisser trouver par « le Souffle », se recentrer pour se déposer et vivre une expérience de pratique dans « le corps que l’on a et le corps que l’on est ». Quand nous commençons une pratique, quelle expérience nous est-il donné à vivre ? La pratique nous permet de nous « accorder » avec discernement, rigueur et fluidité. C’est vivre l’« âsana » ; c'est-à-dire préparer les conditions pour accueillir la Présence qui nous cherche. L’essentiel n’est-il pas de devenir plus présent, plus responsable et plus confiant ?

"Vous êtes dans une pièce vide, si elle se transforme en étable ou en temple, c’est notre façon d’être là qui en est la cause, notre responsabilité, nous créons sans cesse la réalité qui nous entoure."

K. G. Dürckheim

Puis vient le temps de se retrouver chacun sur « son tapis ». Le fameux tapis, un territoire qui structure, qui a son sens mais qui ne doit pas devenir un enfermement, même pendant la pratique, « se sentir centré » et « ouvert », relié à soi et aux autres. S’installer. Lâcher prise, mais pas n’importe comment, sans être dans la dissolution, avec une structure. Trouver la tension juste, l’associer à la détente, c’est un calme contrôlé qui maintient la forme. Il ne s’agit pas de fuir, « tenue, forme, unité » dans la posture : c'est-à-dire se placer. Écouter la respiration telle quelle est, son rythme naturel. Suivre le Souffle, se laisser trouver, reposé en soi et relié au monde, les sens en éveil avec une conscience de la présence des autres, des bruits de l’extérieur, des odeurs. C’est une expérience d’ouverture qui permet de se mettre à la disposition de cette présence intérieure qui va agir en nous. Être un avec l’inspir, être un avec l’expir, la qualité de la respiration rapproche ou éloigne de notre profondeur ; chaque perturbation du rythme nous signale une déviation de notre attitude intérieure. Revenir, revenir à l’instant présent, c’est difficile d’être là et s’ouvrir au souffle, devenir disciple du souffle, le suivre, s’asseoir intérieurement. Être dans son centre, ce chemin vers le cœur. Que m’accorde aujourd’hui ce corps que je suis et que j’ai et qu'est-ce que je lui accorde ?
Et plutôt que de prendre les postures dans un souci de performance, mettre la musculature au service du souffle, faire le deuil de l’ambition, de la réussite d’une posture idéale, ce qui n’exclut pas une grande rigueur. L’important sera de vivre la posture comme un chemin de maturation dans le quotidien.
La séance sera en lien réel avec la vie quotidienne sans clivage, que la pratique transforme le quotidien et que le quotidien transforme la pratique.
Cela nous transforme dans notre qualité de présence, dans notre façon de tout faire plus lentement, dans notre façon de toucher les objets, dans l’importance des toutes petites choses.

Cela nous met dans un « oui » à la Vie.

Catherine Masson
Extrait de la Revue Française de Yoga – Juillet 2001

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D. Frawley - Les asanas : postures de Yoga pour la Santé et la Conscience

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Les Asanas  et le Grand Système de Yoga

Les asanas font originellement partie des pratiques approfondies du yoga, mais ils peuvent également se pratiquer sous forme d'exercice physique ou de thérapie. La plupart des occidentaux pratiquent les asanas sous forme de culture physique. Ils associent le yoga aux postures. Alors que les asanas sont une discipline à part entière. Nous ne devons pas réduire le yoga aux asanas qui ne sont qu'une fraction d'un système beaucoup plus vaste.

Le but des asanas est de réduire simplement rajas ou l'agitation perturbant le mental (c'est la raison pour laquelle, d'une point de vue yoguique, il est négatif d'effectuer des asanas trop activement ou avec trop d'assurance). Sans l'aide d'asanas appropriés pour stabiliser le prana, le pranayama ne peut s'effectuer sans heurts. Sans asanas adéquats pour stabiliser les sens, le pratyahara ou contrôle des sens est pratiquement impossible à réaliser. Sans asanas appropriés pour stabiliser le mental, la concentration et la méditation (dharana et dhyana) son très difficiles à accomplir.
Le yoga, pris au sens véritable de méditation, se produit généralement lorsque le corps est immobilisé en posture assise. Lorsque la méditation profonde survient, l'intérêt que nous portons aux asanas diminue, le corps physique ainsi que ses positions sont laissés de côté.
De nombreux grands yogis ont découvert leurs asanas à partir de leur propre prana éveillé et non à partir d’une pratique physique. En réalité, c’est le prana qui est l’enseignant originel des postures de yoga et non les instructions humaines. Le véritable enseignant d’asanas parvient à cet état en éveillant le prana de ses étudiants et non simplement en leur enseignant la façon de placer leur corps dans des positions différentes. Nous devons apprendre à utiliser le pouvoir du prana afin que notre pratique provienne de l’intérieur et afin de la rendre créative. Lorsque le prana gouverne les asanas, son pouvoir de guérison est beaucoup plus élevé. Lorsque la pratique des asanas se concentre sur le prana et que les mouvements (asanas) se font en même temps que la respiration (prana) telles les perles d’un collier, vous obtenez alors la pratique du yoga telle qu’elle est définie par Patanjali dans les Yoga Sutras.

David Frawley
Yoga et Ayurveda
Editions Turiya

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R. Clerc - Les étirements

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Étirement allongé au sol

Pour les débutants il est logique de privilégier un travail allongé à plat dos sur le sol. L'élève peut s'y détendre plus rapidement et laisser agir la pesanteur en évitant tout effort volontaire excessif. On lui laisse ainsi le temps de mieux connaître son corps et de prendre conscience de sa respiration.
S'étendre à plat dos, la nuque au sol, la tête dans l'axe du corps et les bras allongés de chaque côté. Se détendre en pratiquant le mouvement du regard intérieur, de haut en bas et de bas en haut, synchronisé avec la respiration et en déplaçant la conscience de même.
Plier les genoux pour mettre les deux pieds, écartés, à plat sur le sol. Mettre le bassin en rétroversion, le haut vers le sol et le bas vers le plafond, pour plaquer les lombes au sol.
Placer les mains sur le crâne, les avant-bras joints, et agir sur les bras pour appuyer le menton sur la poitrine. L'image qui aide à comprendre le mouvement est celle de deux bobines chargées de fil. L'une est située à la tête et l'autre au bassin. Elles tournent en sens inverse, ce qui tend le fil entre les deux. Le fil qui s'allonge, c'est la colonne vertébrale qui s'étire.
Passer ensuite les deux bras de chaque côté de la tête, le dos des mains glissant sur le sol pour allonger les bras, tout en poussant sur les talons et les fesses afin de maintenir toujours les lombes au sol.
L'exercice consiste à rechercher le geste, plus ou moins rapide, qui corresponde au rythme respiratoire qui convient au pratiquant dans le moment présent. Lorsque la synchronisation entre les deux est parfaite, les mains touchent le sol au-dessus de la tête exactement lorsque les poumons sont remplis et, au retour, les mains touchent le corps lorsque les poumons sont vides de souffle, compte tenu de l'air résiduel. L'aisance est également parfaite et il en résulte une ambiance harmonieuse.
Le pratiquant peut alors, sans inconvénient, ralentir progressivement le geste, améliorant sa respiration en allongeant le souffle. L'exercice est très efficace pour assouplir le diaphragme et mobiliser les côtes dans le sens longitudinal sans perturber le système nerveux sympathique.
Lorsque les mains sont revenues sur le corps, pour terminer l'exercice, les poumons étant vides, l'élève inspire volontairement par les deux narines puis décroise brusquement ses doigts laissant ses bras tomber relaxés de chaque côté du corps sur une expiration "purifiante". Cette respiration purifiante s'exécute la bouche grande ouverte et est provoquée par le brusque mouvement des bras tombant de chaque côté du corps, provoquant une puissante sortie d'air par rentrée rapide du ventre et remontée du diaphragme. (…)

 Roger Clerc
Extrait de Revue Française de Yoga - Juillet 1995

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N. Merlette - A propos de la rentrée

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Comme les enfants, nous faisons notre « rentrée » « en yoga » ; élève, professeur, débutant, très ancien, cours de quartier, école de formation, à la campagne ou au cœur de Paris. La rentrée est un moment solennel, parfois émouvant, tant il y a avec le yoga un engagement qui n’aura pas de fin. Combien de crainte, de tension, de gaucherie dans les séances de découverte.  Et avant le premier pas, combien de rendez-vous manqués :

- ne pas trouver la salle ;

- arriver en retard ;

- ne pas oser franchir la porte ;

- remettre à plus tard.

Toutes les facilités offertes pour favoriser la rencontre. Rien n’y fait ! Il se passe qu’on ne sait pas ce qu’est le yoga avant de le pratiquer. Il se passe que l’idée qu’on s’en fait est parfois très fausse. Il se passe que ce n’est pas une discipline de plus, mais une autre façon de fonctionner, un art de désapprendre, de quitter l’obéissance pour l’écoute de nous.

Il faut un grand appel du dedans. Et puis quitter le besoin de plaire et de satisfaire les autres, aller vers soi, simplement pour se connaître vraiment, se comprendre et s’accepter, mais avant de saisir cette chance que de passerelles à traverser.

Première étape, déjà, la tolérance.

Le lieu du yoga est particulier, on y vient pour soi, mais au milieu des autres.

Pour certains, c’est déjà une épreuve qu’il faut surmonter (le regard des autres et notre regard sur les autres). Tolérance indispensable, sortir des clivages sociaux, physiques intellectuels, culturels, etc. quitter le monde des apparences et de la représentation.

La différence comme point de départ. Tous différents et tous dans le même bain, et on peut travailler confiant dans une même recherche de paix.Paix des corps, paix du souffle, calme des pensées. Tolérance indispensable vis-à-vis de nous-même, de nos maux, de nos rigidités ; pourquoi vient-on au yoga ? Dans l’ensemble, on ne sait pas vraiment.Très vite on ressent que ça nous bouscule. Parfois c’est paniquant, inquiétant. Mais il va falloir se laisser faire, se laisser manipuler par les gestes et les postures. Baisser sa garde et ne pas chercher toutes les mauvaises raisons pour ne pas continuer.

A la question qu’attendez-vous du yoga ?

Des élèves répondent : « la santé, la vitalité, le respect du corps, le bien-être, la maîtrise, la concentration, le calme, l’éveil, la curiosité, l’optimisme, la liberté, le sens de la vie. » Vaste programme, un désir d’être mieux, un désir de vérité, un appel qui va faire envoler les hésitations et les tâtonnements. Mais pourtant que de souffrances visibles, de dos déformés, de blessures, témoins de vie difficile, que de personnes qui semblent avoir perdu l’usage de leur corps. On ne sait pas se tenir debout, ni s’asseoir, ni se plier, le corps est comme un vieil instrument oublié, qu’il va falloir dépoussiérer, accorder et réchauffer. Ça ne peut concerner l’extérieur. Trouver de l’aisance dans ses gestes, c’est déjà du bonheur : se rouler par terre comme des petits sans être empoté et crispé, c’est du bonheur ainsi que s’étirer comme des félins. Déjà, c’est ranimer une petite flamme. Mais le désir doit être immense ainsi que l’ardeur dans la pratique et dans l’attention.

Bon yoga !

Nadine Merlette
Extrait de la revue Yoga Energie - Oct. / Nov. 2001

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Le yoga, une sagesse

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“Le Yoga est une démarche globale et expérimentale qui s'appuie sur un ensemble de techniques spécifiques et qui se réfère à la tradition de l'Inde.
Il tend, par une prise de conscience progressive, à l'harmonisation des facultés corporelles, affectives, mentales et spirituelles de l'être humain.
Pratiquer des postures et des respirations dans un état de détente et de concentration avec conscience et respect des limites de son corps conduit à une auto-gestion de son potentiel physique et psychique.
Les effets se traduisent d'abord par un mieux-être, une plus grande disponibilité, une meilleure efficacité dans l'action.
Le Yoga, tel que nous l'enseignons, est ouvert à toutes les formes de spiritualité et de religion.
Le yoga ne s'improvise pas, il est une attitude, un comportement qui tend à la sagesse.
L'enseignant de Yoga acquiert une compétence dans le cadre d'une école spécifiquement structurée pour la transmission de cette discipline."

 Extraits d’un séminaire des enseignants de Yoga – Mai 1986
Fédération Nationale des Enseignants du Yoga

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B. Tatzky - Précision posturale, énergie de la vigilance

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Dans le premier verset de la Hatha-Yoga Pradîpikâ, le commentaire du 17ème verset présente le rôle essentiel de la pratique posturale. Sa nature est de réduire les oppositions des énergies intérieures (les gunas tamas et rajas) et d’amplifier la pureté, l’intelligence et la luminosité propre à chacun (le guna sattva). Pour favoriser cette réalisation, le yogi, grâce à sa pratique, doit accroître en lui certaines qualités dont la première est utsaha, l’énergie de la vigilance, de l’enthousiasme (H.Y.P. I,16).  Cet état de vigilance est la source de progression du discernement, libérateur des confusions. Dans le cadre de notre pratique contemporaine du hatha-yoga, nous pouvons attribuer une double fonction à l’état de vigilance, à la fois sociale et spirituelle.

Lorsque l’Union Européenne de Yoga a été constituée, vers 1975, la charte de fondation précisait que la pratique du yoga était une réponse possible à la dispersion mentale accélérée vécue dans nos sociétés modernes. Aujourd’hui, le constat serait encore aggravé. Entre autres, la pression médiatique, l’usage intensif du portable, du zappage, les sollicitations visuelles et auditives incessantes de ceux qui nous abreuvent et nous conditionnent par la publicité, concourent à augmenter notre dispersion mentale. Celle-ci nous rend moins présents au monde, à la vie sociale, plus fragiles nerveusement et plus manipulables psychiquement. Le manque de vigilance organisé est une forme de souffrance (klesha) qui entretient la confusion.

Heureusement, Patanjali nous affirme qu’il est possible d’inverser le processus, de réduire la souffrance à venir (Yoga Sûtras II,16), en cultivant notamment le discernement, la concentration qui redonne plus de présence à la vie, aux autres et qui développe l’écoute et l’ouverture du cœur. De son côté, en écho, le hatha-yoga prône l’évolution spirituelle du pratiquant, en enseignant notamment la concentration et la méditation vigilante dans le cœur (H.Y.P. I,48). Ce cheminement de la connaissance conjugue la grâce et l’action attentive, qui créent des conditions favorables à l’éveil intérieur. La faculté d’être en éveil de conscience s’exerce constamment grâce à l’acuité de la présence dans la vie quotidienne, depuis les perceptions les plus simples, jusqu’à la révélation de la profondeur subtile des choses. Cette capacité d’attention est un enthousiasme vigilant (utsaha) qui dans le hatha-yoga se développe avec des exercices physiques et psychiques, et intègre le corps dans une visée de libération spirituelle. Le corps devient ainsi le moyen concret, efficace, pour réaliser cet état de vigilance, source du discernement, afin de sortir des affres de la dispersion mentale. Pendant toute la séance, la qualité du souffle doit être maintenue comme une mesure constante de la justesse de l’effort du moment. Dans chaque exercice, le pratiquant s’applique à constamment respirer de manière lente, régulière et ample. Si le souffle devient plus court ou saccadé, c’est le signe qu'il y a trop de tensions, l’élève doit réduire l’intensité de l’effort engagé. Cependant, l’essentiel demeure dans les moyens (upâya) mis en œuvre par le pratiquant pour sans cesse relancer la vigilance. De cette façon, la pratique posturale du hatha-yoga fait du corps le lieu d’une alchimie intérieure. Cette transformation passe par le développement, de la vigilance, du discernement, en vue d’accéder à un éveil spirituel.
L’authenticité et l’application de cet éveil se mesurent dans la vie quotidienne.

Boris Tatzky
Revue Française de Yoga – Juillet 2008

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C. Berthelet - Le yoga, corps-parole et inconscient

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La psychanalyse travaille beaucoup à partir des révélations du patient, sur ses rêves, sur ses sensations, sur les difficultés qu’il rencontre au quotidien. Le yoga quant à lui facilite ces révélations, parce que la posture dispose le corps à l’ouverture. Or ce travail d’ouverture à travers le corps contribue à la libération de la parole.
... C'est à se taire, à ne pas vouloir faire d'histoire, ou à ne pas être entendu, que le corps prend en charge la rétention ou l'implosion d'une vie soufferte. La parole, l'écoute, la relance de l'inconscient produisent de l'Histoire, et "font des histoires". Tout comme le souffle touche le lieu du soupir et du sanglot, il touche le lieu du trauma, du souvenir et du rêve. C'est à "faire des histoires" que le sujet peut se ré-inscrire dans une temporalité. Arraché à l'inertie de son fantasme, et dégagé de la fixité du trauma, il peut à nouveau avancer - Le travail du corps dans le yoga celui du souffle et de la parole le propulse en avant et fait bouger la structure. Dégagé de l'éternité où l'avait laissé son histoire, il rencontre à nouveau le temps, le temps qui passe... Certains s'insurgent contre tout ce travail du négatif, pensant devoir laisser le passé au passé, mais il est des répétitions insis-tantes qui empoisonnent une existence au point de la figer dans l'éternité inconsciente d'une souffrance. L'inconscient ne connaît pas le temps. Il le fixe. Et dans l'ordinaire de tout instant, nul rai pour l'aventure . Le souvenir s'avère indélébile, mais étonnamment, le corps du yoga lui redonne la parole à son insu, la remet en mouvement, puis la débarrasse de sa charge mortifère que la psychanalyse appelle jouissance.
"L'esprit conquiert sa vérité seulement à condition de se retrouver soi-même dans l'absolu déchirement" dit Hegel, "L'esprit est cette puissance seulement en sachant regarder le négatif en face, et en sachant séjourner près de lui. Ce séjour, dit-il, est le pouvoir magique qui convertit le négatif en être".

"La poussière qui touche la peau est indolore, dit Vyâsa, alors que le moindre grain de poussière qui pénètre dans l'oeil est douloureux". Celui qui recherche la clarté devient aussi sensible que l’oeil…[…] ” MG 2187


Christiane Berthelet
Revue Française de Yoga - Janvier 1998

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G. Blitz - Préambule au yoga

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La question que nous pouvons nous poser est de savoir pourquoi nous pratiquons le yoga. La réponse à cette question est simple. Le yoga est un moyen pour nous permettre de mieux apprécier la vie. Ce moyen (le yoga) est concret. Clair et précis. Il n’y a aucun mystère dans cette pratique. Aucune place pour l’imagination. Nous savons qu’en faisant telle chose nous obtenons tel effet. La science moderne, celle qui est liée à la physiologie et la neurophysiologie, confirme ce qu’avaient deviné les grands maîtres du passé. 
Essentiellement le yoga équilibre nos fonctions. Facilite la régulation et la coordination du fonctionnement extrême complexe du corps. C’est par l’équilibre du corps, par l’équilibre physiologique que nous créons l’équilibre psychologique et psychique qui nous font si cruellement défaut. Voilà la raison d’être du yoga.
Il y a effectivement un secret dans le yoga. C’est celui de sa transmission. Elle est initiatique. Elle se fait d’une personne à une autre personne. La difficulté vient du fait que l’expérience est toujours différente, toujours renouvelée. Il n’y a pas deux expériences qui soient identiques. La même personne est différente chaque jour. De plus, il ne s’agit pas au départ, d’un savoir. En yoga, le savoir naît de l’expérience. On découvre ce qui existe déjà. On développe la conscience afin de pouvoir se situer au niveau extrêmement subtil du fonctionnement du corps.
Voilà l’essentiel. L’unité (yoga) dont il est question concerne le corps et le mental. Nous sommes prisonniers des automatismes du circuit mental. De la dépendance vis à vis de la mémoire. Notre vie est programmée parce que notre cerveau est programmé. La pratique du yoga consiste à nous libérer de cette dépendance. De retrouver la liberté de la pensée et de l’action. De retrouver la créativité et l’amour. C’est à dire la disponibilité aux autres.
Il faut effacer un malentendu. On pense généralement que yoga est lié à une forme que l’on devrait s’efforcer de copier. Lorsque l’on dit « Yoga » l’image qui se présente est celle d’une personne assise, les jambes croisées et les yeux fermés. Détrompez-vous. Yoga est un état. Voilà ce qui nous rend perplexes. Un état ne peut que s’expérimenter. Se vivre. Il ne peut pas s’apprendre. Nous ne pouvons pas le connaître en passant par la signification des mots, par la lecture, par l’accumulation du savoir. Voyez-vous maintenant en quoi le yoga est original ? En quoi sa démarche est si particulière ?
Il ne s’agit pas non plus dans le yoga de s’isoler. Voilà encore une idée fausse. Le yoga n’est pas une science abstraite ou théorique. Ce n’est pas non plus un système. Yoga n’est pas lié à une méthode. Le yoga consiste à développer, à amplifier, à approfondir la conscience. Ce qui est le contraire de la dispersion et de la confusion. Ce qui éclaire. Ce qui simplifie. Ce qui déconditionne. Ce qui permet de vivre la vie pleinement, d’instant en instant.
Les moyens que nous avons, répétons-le, sont simples et concrets. Exacts. Chacun peut pratiquer le yoga car le yoga se pratique à partir de chaque individu, à partir de sa personnalité, de sa morphologie. Des moyens précis sont fournis pour le lui permettre. C’est grâce à cette liberté dans la pratique, grâce à cette découverte ininterrompue que fait chaque individu, que nous trouvons tant de plaisir et de joie dans nos pratiques.

Le yoga est bon pour tout. C’est un préalable à tout. Il déconditionne, il désencombre. Il donne accès à la spontanéité, à la créativité. Il permet de recevoir. De recevoir les autres.
La pratique du yoga n’est pas liée particulièrement à une culture. A l’origine il était indien. Il est maintenant aussi occidental. Il devient pour nous de plus en plus occidental. Nous sommes conscients que pour juger de l’opportunité de pratiquer le yoga, nous devons raisonner à partir de ce que nous sommes.

 

Gérard Blitz
Extrait des Carnets du Yoga – Février 1986

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