F. Cheng - Le livre médian

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L’infini n’est autre
Que le va-et-vient
Entre ce qui ‘offre
Et ce qui se cherche
Va-et-vient sans fin
Entre arbre et oiseau

Entre source et nuage

Ne laisse en ce lieu, passant
Ni les trésors de ton corps
Ni les dons de ton esprit
Mais quelques traces de pas

Afin qu’un jour le vent fort
A ton rythme s’initie
A ton silence à ton cri
Et fixe enfin ton chemin


Pourtant il nous reste à célébrer
comme tu le fais

Célébrer ce qui, jailli d’entre nous
tend encore vers la vie ouverte

Ce qui, d’entre les chaires meurtries, crie mémoire
Ce qui, d’entre les sangs versés, crie justice
Seule voie en vérité où nous pourrions encore
honorer les souffrants et les morts

Chacun de nous est finitude
L’infini est ce qui naît d’entre nous
fait d’inattendus et d’inespérés
Célébrer l’au-delà du désir, l’au-delà de soi

Seule voie en vérité où nous pourrions encore
tenir l’initiale promesse

Célébrer le fruit, plus que le fruit même
mais la saveur infinie

Célébrer le mot, plus que le mot même
mais l’infinie résonance

Célébrer l’aube des noms réinventés
Célébrer le soir des regards croisés
Célébrer la nuit au visage émacié

Des mourants qui n’espèrent plus rien
mais qui attendent tout de nous

En nous l’à-jamais-perdu
Que nous tentons de retourner en offrande

Seule voie où la vie s’offrira sans fin
paumes ouvertes

François Cheng
Le livre du Vide médian

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