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Y. Millerand - Le souffle et le cœur

Publié le par DC

Y. Millerand - Le souffle et le cœur

Dans la région du cœur il y a un lotus à huit pétales au centre de ce lotus est un cercle de dimension microscopique où se trouve l’âme individuelle qui est lumière

Dhyânabindu Upanishad - trad. Jean Varenne

Le cœur est un organe situé à peu près au centre du corps : il fait office de pompe en assurant le mouvement continu de la circulation du sang dans les vaisseaux. Les mécanismes qui l’animent sont bien connus : aujourd’hui, on peut greffer un cœur et voir le patient survivre.

De façon personnelle, chacun perçoit dans sa poitrine un élément vivant réagissant aux efforts physiques ou aux fluctuations sentimentales et qu’il appelle « son cœur ». Une sensation d’oppression dans la poitrine s’accompagne d’anxiété, on dit que le cœur est « serré » ; à l’inverse, la joie semble le dilater.

Le cœur est à la fois matériel puisqu’on peut le sentir battre tout au long de la vie, et immatériel lorsqu’il est considérer comme le support de la vie spirituelle.

Les enseignements ésotériques décrivent ce « cœur-énergie » comme un lieu privilégié mais secret, l’épicentre d’un rayonnement d’amour qui pourrait illuminer le corps et l’esprit si on parvenait à le contacter.

 

La tentative

Assis en posture stable, le dos droit, l’esprit ayant été apaisé par des respirations lentes, le méditant observe ce qu’il éprouve. La présence du corps est perçue comme un ensemble vaporeux aux contours indécis, animé d’un souffle léger. La respiration n’est pas dirigée, on la laisse être ; on remarque une pulsation lente par rapport à un point central situé dans la cage thoracique. La masse brumeuse semble se dilater avec l’inspiration et une impression de plus grande détente apparait.

A l’expiration, on laisse s’échapper l’air, sans perdre le mieux-être éprouvé – chaque inspiration développe davantage la sensation d’allègement, de légèreté, comme si les millions de cellules constituant le corps s’éloignaient les unes des autres, occupant plus de volume dans l’espace. Après un moment, cette dilatation du corps atteint sa limite lorsque la sensibilité n’enregistre plus de changement. On se sent comme une « aura » qui respire, avec une telle finesse qu’il n’y a plus aucun repère physique. « Cela » respire.

L’attention se dirige alors vers le cœur ; le souffle qui était ouvert en un large faisceau se resserre en même temps et se localise au centre. On perçoit le cœur à une certaine distance, comme si on le regardait de haut, mais l’attirance qu’il exerce sur l’esprit ne permet pas de douter de sa présence même s’il demeure invisible.

Au lieu de fixer quelque chose situé plus loin, on se laisse envahir par lui, non par la forme initiale plus ou moins claire, mais par le sentiment suscité par cette forme ou cette idée.

En continuant doucement, en se laissant porter par le souffle sans intervenir volontairement, le sentiment s’amplifie, il prend une telle intensité qu’on oublie de vouloir regarder, l’impression de distance disparaît, on se sent au cœur de soi-même, dans une félicité parfaite, la joie indicible d’être enfin VRAI.

 

Yvonne Millerand

Revue Française de Yoga – Août 2002

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J. Marchal - R. Farah - Le sens de la vie : un chemin de vie en yoga

Publié le par DC

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Une vie spirituelle épanouie repose sur deux piliers à chaque instant de notre quotidien. D’une part, la vigilance qui permet de gérer les émotions, de comprendre le monde et de se comprendre ; d’autre part, l’acceptation de ce qui est. L’assise en silence permet de développer ces capacités.

Le quotidien comme exercice
Karlfried Dürckheim insistait sur le fait que si un exercice particulier régulièrement pratiqué est nécessaire pour avancer sur la Voie, c’est en fait toute l’existence qui doit devenir un exercice. Vivre le quotidien comme un exercice au service de la Grande Vie repose avant tout sur deux attitudes qui sont comme les deux colonnes sur lesquelles se construit l’édifice de la vie spirituelle. Toutes les traditions religieuses sont d’accord là-dessus : il s’agit de la vigilance et de l’acceptation.

La vigilance
Cette vigilance doit bien sûr s’appliquer à tous nos actes, mais très particulièrement dans certaines circonstances. Tout d’abord chaque fois que se lève en nous une émotion: vigilance pour ne pas nous laisser emporter comme un fétu dans la tempête, mais aussi, une fois le calme revenu, vigilance pour discerner quel aspect particulièrement vulnérable de notre psychisme a été touché et pourquoi. Vigilance nécessaire également pour discerner le sens des évènements, heureux ou malheureux, qui viennent infléchir le cours de nos existences et qu’en général nous attirons en fonction de nos états intérieurs. En particulier, il faudrait nous interroger sur ce que veulent nous dire les maladies qui nous frappent et qui ont toujours une racine psychologique. Vigilance aussi pour accorder de l’importance aux phénomènes de synchronicité, plus fréquents qu’il n’apparaît superficiellement et que nous avons trop tendance à banaliser sous le vocable de « hasard ». Ils nous rappellent que le monde où nous vivons, et que nous prenons pour la réalité, conditionné par l’écoulement du temps et les lois du déterminisme, n’est que le reflet d’un monde où règne l’instant éternel et les lois de l’analogie.

L’acceptation
C’est le second pilier de la vie spirituelle. C’est dire qu’acceptation n’est pas résignation et que là encore l’intelligence vigilante est nécessaire pour distinguer ce que, devant un évènement que nous ressentons comme injuste, nous pouvons ou non essayer de changer. Il s’agit simplement d’accepter ce qui, indiscutablement, est : et ne pas surimposer sur « ce qui est » ce qui selon nous devrait être (à savoir que la personne disparue soit toujours là). Il est des circonstances où « accepter ce qui est » nous paraît impossible et où toute notre conscience est envahie par le refus. Dürckheim en distingue trois où l’acceptation est particulièrement difficile: la proximité immédiate de la mort, la solitude totale et l’absurde. Dans ces trois épreuves extrêmes il s’agit, dit-il, d’accepter l’inacceptable : « L’homme peut alors faire l’expérience d’une protection inconcevable pour l’esprit humain, alors qu’il est abandonné par le monde. Dans les trois cas, l’acceptation de l’inacceptable n’est ni de l’héroïsme, ni de la résignation, mais l’expérience d’une liberté inconnue de lui par laquelle il dépasse l’expression de son moi habituel. Au coeur de l’anéantissement, des ténèbres et de la cruauté de ce monde, l’homme accède à une Force, une Clarté et un Amour qu’on peut dire surhumains parce qu’il les éprouve en contradiction avec toutes les contingences de ce monde. ». En cette attitude « d’acceptation de ce qui est » réside l’aspect essentiel de ce que Durckheim appelle « conscience coupe » ; la coupe accepte tout ce qu’on y verse, nectar ou poison, sans refus. Elle a son contraire dans la « conscience flèche » qui malheureusement caractérise la plupart de nos états de conscience ordinaires : sans cesse tendus vers un but et d’autant plus dans le refus de l’échec que le résultat espéré paraît important.

L’assise en silence
S’asseoir en silence et tenter d’entrer dans l’état méditatif, c’est d’abord renoncer momentanément à toute action et à tout attachement aux pensées concernant les actions passées ou à venir, pour demeurer immobile dans la seule présence de l’ineffable : centré sur l’unique Réalité, l’Un sans second au-delà de toutes les apparences dans lesquelles nous nous agitons à l’état ordinaire. Cela suppose le renoncement provisoire mais inébranlable à toute impulsion aux mouvements : mouvements du corps dans l’immobilité totale, fluctuations des pensées dans le détachement de leur déroulement sans fin. Ne plus être emportés par le besoin continuel de bouger, de parler, de considérer le passé et de préparer l’avenir, c’est le grand silence qui nous fait entrer en relation avec notre réalité ultime, « notre visage originel, celui que nous avions dès avant la naissance ». L’assise en silence donne de l’importance à la tenue, à la forme et à l’unité. S’asseoir, s’enraciner, croître. Renouveler, approfondir, recommencer l’expérience de s’asseoir extérieurement et intérieurement au plus profond de soi-même. Se lâcher : c’est la personne entière qui se lâche dans une bonne tension. Passer de la performance à la « transformation » en devenant de plus en plus transparent à la « Présence » qui nous donne la chance de devenir disciple de l’Être Essentiel. 

Jean Marchal - Renata Farah
Extrait de Revue Française de Yoga - 2001

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J. P. Laffez - Etre libre dans ses mouvements

Publié le par DC

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Cette aptitude s’acquiert avec l’entraînement au geste conscient, le mouvement rond, fluide, la mobilisation des organes responsables de ces mouvements : les muscles, les fascias, les articulations, en liaison constante avec le système nerveux.
La pratique des gestes simples conscients permet de développer la proprioceptivité et de « corticaliser » les mouvements. Dans cette pratique, le cerveau est uniquement réceptif : il sent l’acte, il ne le pense pas sur un mode intellectuel, se rééduque à une meilleure qualité d’attention.
Dans un second temps, la réceptivité est entrainée au travers des autres sens. La difficulté d’une telle pratique réside dans sa simplicité et dans la loi du moindre effort. Au début le corps n’est pas libéré. Le pratiquant fait un effort considérable pour rendre conscient son geste, alors qu’il lui est demandé de pratiquer cet acte avec ses propres possibilités, en contrôlant plus une sensation qu’un geste spatial. Cet exercice développe une pleine conscience de l’acte, une netteté de l’idée conduisant à l’acte, le sentiment d’une volonté pour réaliser cet acte, aboutissant à un contrôle du cerveau et ensuite des idées. Certains gestes ont une action sur la respiration. Chaque geste, même simple, doit être en harmonie avec le rythme cosmique de la respiration.
Le regard intérieur consiste à utiliser le sens de la vue. Véritable exercice d’affinement de l’attention, son utilisation permet de prendre conscience de son corps, de se recentrer et de développer le schéma corporel. Tout comme l’équilibre physique est lié à l’œil et à l’horizontalité de la vision, l’équilibre intérieur dépend de ce regard intérieur, support de l’attention.
Gestes conscients, regard intérieur, respiration consciente, toutes ces pratiques développent le schéma corporel. L’attention est canalisée sur certaines parties du corps induisant l’unité et le calme mental. Dans ces prises de conscience, la situation des centres émotionnels et des courants d’énergie est respectée. Progressivement nous aurons ouvert la voie à la pratique de détentes profondes, au prânâyâma, et à la méditation.
Pas de liberté du corps sans liberté du souffle, c’est pourquoi nous nous attachons à chaque instant à être dans un état de détente, d’attention, observateur objectif et témoin du « ça respire en nous », enfin du geste porté, soutenu, mû par ce souffle qui, dès lors, est le geste juste.
Un enchaînement, que nous appellerons « phrase », devient une méditation, lorsqu’elle est pratiquée dans les conditions suivantes : être le spectateur de ce qui se passe en soi, sans analyser, sans chercher quoi que ce soit ; éviter toute autosuggestion qui couperait de cet état de témoin, indispensable à la technique du yoga. Tous les organes des sens, tous les récepteurs qui forment le corps subtil doivent se libérer de l’avidité.

Jean-Pierre Laffez - Gianna Dupont - Nadine Merlette
Revue Française de Yoga – Juillet 2008

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