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M. C. Leccia - Lâcher prise

Publié le par DC

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Le lâcher prise et l’abandon : des passages obligés
Le lâcher prise et l’abandon ne sont pas la propriété exclusive d’une voie mais de toutes celles qui visent à une transformation intérieure dont la finalité serait une saisie radicalement autre de soi, de sorte que ce qui sépare le sujet et l’objet, le je et l’Autre soit aboli. […]
Mais cette saisie ne peut se faire que par des retranchements successifs de tout ce qui encombre.  Ce n’est pas par accumulations mais bien par soustractions que se créent des conditions de disponibilité à une perception qui ne peut se manifester que grâce à un espace, un vide, qui se crée pour le recevoir. Chacune de ces voies élabore sa propre méthode pour aller soit vers l’expérience d’un vide absolu, soit d’un plein absolu. Mais aucune de ces disciplines, dans sa particularité et son originalité, ne fait l’économie du lâcher prise et de l’abandon.

[…] Avec le lâcher prise replacé dans le contexte d’une perspective libératrice, s’amorce le desserrement de nos étreintes. Le détachement survient lorsque nos mains n’ont plus rien à prendre. Et lorsque tout a été abandonné, il reste encore à s’abandonner.

S’abandonner pour être. « Etre : juste cela, sans discours superflu. Etre, sans aucun recours ni secours du côté du verbe avoir. Etre, dans l’absolu du dénuement, du non-pouvoir, du non-savoir. […] Etre : verbe à conjuguer au point de tangence du présent et de l’éternité. […] cela implique de larguer bien des amarres, à commencer par les passions qui aliènent, les peurs qui enlisent et humilient, la colère et l’esprit de vengeance, de revanche, qui usent en vain les forces dont on dispose, le mépris et l’indifférence qui ne sont que des travestissements de la paresse, de la haine enfin, qui gangrène et le cœur et l’esprit, les souille et les pétrifie au final. Etre, rien que cela, mais sans mesure ni concession. » Sylvie Germain, Etty Hillesum, éditions Pygmalion, 1999, p. 63

Revue Française de Yoga – Juillet 2006

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Roger Clerc - Le Yoga de l'Energie

Publié le par DC

C'est en 1976 que Roger Clerc fait paraître son premier livre sur le yoga : Yoga de l'Energie, un yoga pour l'Occident. C'est un véritable exposé clair et pratique, base de sa méthode, pédagogie essentielle d'un yoga occidental.
Cette technique connaît un succès croissant, sans doute parce qu'elle correspond à l'attente de nombreux Occidentaux. Ils trouvent dans sa pratique des principes essentiels, entre autres : "Rester des Occidentaux, vivant en Occident" et, "C'est ici et maintenant qu'il faut agir."
Le Yoga de l'Energie propose de faire découvrir, à travers le geste simple, dans la vie quotidienne cette qualité d'attention définie par le Dr Thérèse Brosse : "Etre attentif, tout simplement, sans choix, sans condamnation ou appréciation". Cette pratique détermine une pleine conscience de l'acte amenant peu à peu à un équilibre parfait de l'être global. Il représente une pédagogie du hatha yoga centrée sur la prise de conscience de Prana "l'énergie vitale" et de Manas "l'activité mentale".
Roger Clerc est l'auteur de quinze ouvrages où il décrit minutieusement sa méthode, en partant toujours des bases pour arriver aux degrés les plus subtils de son enseignement. Il a quitté ce monde le 3 avril 1998.
Son enseignement se caractérisait par une précision scrupuleuse, alliée à une bonhomie et un humour irrésistibles. Il accentuait son accent des faubourgs pour évoquer les concepts les plus profonds du yoga, et mettait toujours en garde ses étudiants contre l'esprit de sérieux. Il était entouré de l'affection des participants à ses cours qui appréciaient son approche chaleureuse.

Caractéristiques Yoga de l'Energie :
Extrait du Manuel de Yoga 1 de Roger Clerc, Ed. Le Courrier du Livre 1984, pp.14-16

Le Yoga de l'Energie se différencie des yogas habituellement pratiqués par certains détails techniques très particuliers. En voici quelques-uns :
  1. Mise en évidence de la relation geste-respiration.
    Il s'agit de réaliser le contrôle d'un geste précis et prendre conscience, dans le même temps, de la localisation respiratoire qui en résulte.
    La volonté intervient uniquement pour l'exécution du geste et pour porter l'attention sur son effet. Dès le départ l'important c'est de "sensationner" en étant réceptif, conscient, vigilant ; que les sens en éveil nous renseignent. Au contraire, habituellement c'est la volonté qui joue un rôle dominant et qui dirige la respiration. Nous demandons donc d'être passif, mais réceptif et attentif, plutôt qu'actif et volontaire.
    C'est d'emblée faire prévaloir le plan des sensations sur celui de l'intellect. Ce détail est d'une importance capitale. Son observation dans la pratique des mouvements va permettre d'obtenir rapidement une plus grande maîtrise et la sensibilité aux courants d'énergie.
  2. Rôle important du "regard intérieur".
    Il nous faut définir avec soin ce regard intérieur. L'entraînement consiste, au départ, à éviter d'intéresser les globes oculaires, les muscles et les nerfs optiques. Autrement dit, l'exercice se situe le moins possible sur le plan physique, mais principalement sur le plan où intervient la pensée. Pour diriger ce regard intérieur vers le haut, il faut "penser" au haut (par exemple au haut du front) "sentir" le haut du front, et ainsi ce regard se trouve dirigé dans le même sens. Les yeux se trouveront entraînés eux-mêmes dans cette direction, mais par relation, et par conséquent complètement "relaxés" ; il n'est même pas utile d'en prendre conscience.
    Voilà déterminé un outil essentiel dans la pratique du Yoga de l'Energie.
    Il faut maintenant réaliser par des exercices progressifs que l'on peut déplacer vers le haut, puis vers le bas, et vice versa :
    a) notre pensée ;
    b) notre pensée et le regard intérieur suivant ce mouvement;
    c) notre pensée, ainsi que nos sens (autrement dit notre conscience) avec le regard intérieur;
    d) inspirer dans le mouvement ascendant et expirer dans le mouvement descendant;
    e) lorsque le tout est bien synchronisé, que l'exécution est devenue facile, prendre conscience que cette pensée se déplace en véhiculant l'énergie. En faire l'expérience immédiate en dirigeant le tout (c'est-à-dire la pensée, plus les sens, plus le regard intérieur), successivement sur chaque jambe, puis sur chaque bras, puis sur les deux jambes, puis sur les deux bras, enfin simultanément sur les bras et sur les jambes.
    L'inspiration se fait le regard en haut, l'expiration en le dirigeant vers le bas. Ressentir les effets de l'énergie, "prânâ", lors de l'expiration au fur et à mesure que le regard, la pensée et les sens s'abaissent. Lorsque cette technique est bien mise au point et assimilée, elle est utilisée successivement sur le corps de chair, sur les muscles, sur le squelette, sur les organes. Puis sur les vaisseaux subtils dans le corps de l'énergie. Enfin, plus "affinée", sur le corps du Mental. C'est l'accession à ce mental, plan de la pensée, et la possibilité de diriger et de maîtriser cette dernière.
  3. Développement de la sensibilité.
    Parallèlement à l'utilisation de nos sens et de notre attention, le développement de sens subtils se réalise. C'est un point capital dans le Yoga de l'Energie. Ces sens subtils permettent de saisir et d'apprécier les diverses ambiances vibratoires qui nous révèlent notre état d'être. C'est grâce à cette faculté que nous pourrons prétendre à une maîtrise sur les différents plans qui nous constituent.

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I. Morin Larbey - Yoga : le geste épouse le souffle ...

Publié le par DC

... et l'esprit comprend (enfin) ses souffrances

 

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Découvrir le yoga à travers Isabelle Morin-Larbey, présidente de la Fédération nationale des enseignants de yoga en France (FNEY), c’est se frayer une voie vers « la connaissance de soi physique et intellectuelle ».  Le yoga recentre en effet les incertitudes qui oscillent entre désir de vie et volonté d’abandon. La paix intérieure qui n’arrive parfois jamais ; la quiétude qui nous fascine comme une poussière d’étoile avant de se dérober ; le bonheur qui n’effleure l’instant que pour mieux disparaître... le yoga les ramène au milieu de l’être.
« Le yoga est la seule philosophie qui part du corps pour arriver à l’esprit. Le corps est le lieu d’expression qui donne accès à la pensée, à une transcendance », explique Isabelle Morin-Larbey. Elle retrace les nuances de cette philosophie, dont elle s’est appropriée l’essence au terme de sept ans d’études à L’École française de yoga (EFY), où elle est aujourd’hui formatrice.
Forte d’une licence en droit et d’une maîtrise d’espagnol, elle concilie dans la pratique culture et savoir-faire, qu’elle aura affermis grâce aux enseignements d’Yvonne Millerand, pionnière du yoga en France, dans les années 80. Des acquis qu’elle est venue partager pour la 4e fois au Liban, dans le cadre d’un séminaire ayant regroupé 80 enseignants de yoga libanais, dont certains se réfèrent à l’EFYO et la FNEY.

« Le geste et le souffle »
Les mots précis d’Isabelle Morin-Larbey, dépouillés d’émotion, revêtent un mysticisme fidèle à une discipline où « le corps est un outil qui donne accès à la manifestation du monde », une activité qu’elle enseigne depuis trente-cinq ans. Elle décrit ainsi le voyage au fond de soi, que pave graduellement la technique du yoga. Cette technique se fonde sur « l’harmonie du geste et du souffle », qui permet progressivement de « prendre conscience que nous sommes vivants parce que nous respirons ». « L’harmonisation du mouvement et de la respiration crée d’abord un effet psychologique basique qui s’accompagne d’une détente corporelle (ralentissement des battements du cœur, amélioration des jonctions...) », explique Isabelle Morin-Larbey, précisant que ce sont là des « effets mesurables », qui préludent à un apaisement interne. La détente basique encadre une « conscientisation de ce qui est en dehors de nous et nous traverse, une mise en relation perpétuelle avec ce qui nous entoure, qui nous permet éventuellement de toucher l’essence de l’être humain et sa présence au monde ».
Tranquille émancipation
Le yoga, attentif au mouvement et à la respiration, initie à l’écoute des interactions incessantes en soi et à l’extérieur, leur assimilation, puis leur réappropriation, comme assises de l’instant présent. Ainsi, les textes philosophiques qui servent de mode d’emploi en la matière, comme le Yoga-sutra de Patanjali (recueil de 195 aphorismes), expliquent l’enjeu escompté. « Il faut arriver in fine à vivre mieux l’instant présent, c’est-à-dire être capable de suspendre les tourbillons du mental », affirme Mme Morin-Larbey. Pour atteindre ce but, le professeur doit « rendre l’autre autonome » et cette émancipation prend appui sur le corps. La posture se meut progressivement en expression de soi et « sert à venir explorer une sensation posée, tranquille ». Ainsi, les gestes « s’adaptent à chacun et respectent ses limites », dans le cadre d’un exercice « structuré, organisé et pensé ». Souvent, l’apprenti yogi manifeste une résistance, fût-elle dans un geste aussi anodin que de retourner l’épaule. « Le corps est là comme le témoin de ce que nous sommes », explique Mme Morin-Larbey. Que l’enseignant gère cette résistance « avec tendresse » et habilite l’autre à percevoir « la résonance avec une chose vécue » qui s’exprime ainsi dans le mouvement.
« Ni gymnastique, ni sport, ni religion »
Né de « l’observation empirique de l’homme par l’homme, transmis oralement puis par écrit », le yoga est par définition « école de persévérance, de patience et d’humilité », un espace propice au face-à-face intérieur, qui suspend « cette folie furieuse, capricieuse » des consommateurs modernes. D’ailleurs, Isabelle Morin-Larbey insiste sur « la tendance à mal comprendre le yoga ». « Le yoga n’est ni une gymnastique, ni un sport, ni une religion », martèle-t-elle. Ce ne sont ni les prouesses acrobatiques ni la compétition ardue qui sont recherchées. Elle n’a de cesse de dénoncer les appellations de yoga faussement accolées à des cours de gymnastique, ou encore certains excès physiques que de prétendus enseignants de yoga dictent à leurs élèves. Si à votre premier cours vous vous trouvez contraint d’effectuer des mouvements rocambolesques, vous saurez que vous avez affaire à un faux... L’un des premiers principes du yoga est l’ahimsa, ou la non-nuisance (dont le corollaire est la non-violence comme principe d’action). Le yoga ouvre « la voie de dépouillement » dans le sens profond du terme, et ce ne sont « ni les serviettes griffées, ni les souliers spéciaux », ni une mise en scène feutrée de bougies ou d’encens qui lui donneront son sens. « Le yoga se fait pieds nus, les mains dans la poche », résume Isabelle Morin-Larbey. « Cette suffisance n’est ni par misérabilisme ni par frustration, mais l’expression de la richesse infinie que recèle le yoga. » Une autre nuance à retenir : « Le yoga n’implique ni égoïsme ni réclusion, mais ouverture à l’autre, grâce à la disponibilité de notre corps et notre esprit. »
Le cœur et les multiples vérités
Cette philosophie de vie porte un idéal relayé par le cœur, le moteur de toute transformation, de tout transfert du corps vers l’esprit. Elle fonde d’ailleurs ses enseignements sur la possibilité infinie de liens entre les hommes, dont les différences convergent dans une observation de l’être humain et de sa manière de toucher au monde. Elle se base ainsi sur le caractère pluriel de la vérité. « Les vérités sont multiples », souligne Isabelle Morin-Larbey. Le yoga est d’ailleurs l’un des six points de vue de la philosophie indienne.
Cette multiplicité de vérités rejaillit dans le terme de « seigneur », récurrent dans cette philosophie, dont l’un des préceptes est de « déposer les fruits de l’action aux pieds du seigneur ». Un enseignement qui fait écho aux religions, en même temps qu’il les transcende. « Il s’agit du mouvement de la vie : remettre tout ce qu’on a appris dans le flot de la vie », explique Isabelle Morin-Larbey. Et l’ultime apprentissage est « non de maîtriser la matière, mais de la comprendre ». Le monde rejaillit ainsi au sein de l’être, là où l’aspiration à quelque « salvation » divine, évanescente, trouve une issue inespérée, une exaltation concrète, dans l’amalgame des perceptions affectives, des instincts et pensées qui tissent le vécu palpable. « Discerner les causes de la souffrance », sans que celle-ci ne disparaisse, pour pouvoir s’affranchir des « scénarios de répétition dans notre vie ». « La part d’ombre reste, mais l’on sait la repérer », conclut Isabelle Morin-Larbey, citant une belle image du Rig-Veda (grand texte sacré de l’hindouisme) : « Les ténèbres n’avalent pas la lumière. »

Sandra NOUJEIM | 17/10/2012
L'Orient le jour - Le quotidien libanais d'expression française

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