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L'éducation d'un sage

Publié le par DC

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Un vieux sage avait un fils très timide. La timidité du jeune garçon était telle qu'il n'osait jamais quitter sa maison.
Il craignait que l’on se moque de lui.
Son père lui expliqua alors qu’il ne fallait jamais écouter les gens et qu’il allait lui en donner la preuve.
- Demain, lui dit-il, tu viendras avec moi au marché !

Tôt de bon matin, ils quittèrent la maison, le vieux sage sur le dos de l’âne et son fils marchant à ses côtés.
Quand ils arrivèrent sur la place, des marchands ne purent s’empêcher de murmurer :
- Regardez cet homme. Il n’a aucune pitié ! Il se pavane sur le dos de l’âne et oblige son pauvre fils à marcher.
Le sage dit à son fils :
- Écoute bien leurs réflexions ! Demain, tu viendras avec moi au marché !

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Le deuxième jour, le sage et son fils firent le contraire : le garçon monta sur le dos de l’âne et le vieil homme marcha à ses côtés.
A l’entrée de la place, les mêmes marchands étaient là :
- Regardez cet enfant qui n’a aucune éducation, dirent-ils. Il se repose tranquille sur le dos de l’âne, alors que son pauvre père doit se traîner dans la poussière. Si ce n’est pas malheureux de voir pareil spectacle ! - Tu as bien entendu ? dit le père à son fils. Nous reviendrons demain.


Le troisième jour, ils partirent à pied en tirant l’âne derrière eux au bout d’une corde.
- Regardez ces deux imbéciles, se moquèrent les marchands. Ils marchent à pied comme s’ils ne savaient pas que les ânes sont faits pour être montés.
- Écoute-les, dit le sage. Demain tu m'accompagneras à nouveau au marché.

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Le quatrième jour, lorsqu’ils quittèrent la maison, ils étaient tous les deux juchés sur le dos de l’âne.
A l’entrée de la place, les marchands laissèrent éclater leur indignation :
- Quelle honte ! Regardez ces deux là ! Faire souffrir cette pauvre bête. Ils n'ont donc pas de pitié ?

Le cinquième jour, ils arrivèrent au marché en portant l’âne sur leurs épaules.
Mais les marchands éclatèrent de rire :
- Regardez ces deux fous qui portent leur âne au lieu de le monter.

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Aussi le sage conclut-il :
- Vois mon fils, quoi que tu fasses dans la vie, il se trouvera toujours des gens pour te critiquer. Aussi, n'écoute pas leurs opinions mais sois toi-même et trouve ton propre chemin.

D'après un conte persan

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B. Rerolle - Equilibre, instant de grâce ...

Publié le par DC

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ou fruit longtemps mûri

Qui dit équilibre, parlant de l’homme vivant, dit mouvement, gestes, attitudes. Il y a longtemps que les grandes traditions spirituelles ont pris conscience que nos gestes et attitudes constituent un miroir, le miroir le plus véridique de nos états intérieurs, conscients et inconscients. Et elles s’en servent comme instruments d’acquisition de la sagesse. L’équilibre n’est jamais donné d’emblée.

L’équilibre est éphémère et capricieux
Tous ceux qui pratiquent le yoga, les arts martiaux, la cérémonie du thé et tant d’autres disciplines psychocorporelles, savent ce que c’est que de recommencer mille et mille fois le même geste : l’apprentissage parait désespérément long, les progrès peu perceptibles, quand ce n’est pas bien souvent l’impression de régresser ! Et puis un jour, on s’aperçoit qu’en restant sur la configuration extérieure du geste, nous regardions du mauvais côté. Car pendant tout le temps de l’apprentissage, c’est notre être intérieur qui a évolué. Et c’est parce que cet être intérieur a évolué que notre geste finit par évoluer à son tour. La progression finit par s’inscrire visiblement dans nos évènements. Cette variation peut d’ailleurs aller dans les deux sens, car le malheur veut que nous soyons tout aussi capables de régresser que de progresser et que la désorganisation de notre être intérieur, toujours possible, entraîne la désorganisation de nos gestes, même s’ils étaient devenus très habiles.
Le geste du thé, celui de la danse, etc.… sont éphémères par nature. Il faut être là au bon moment pour les recevoir, comme il faut être présent au bon moment pour les accomplir.
La grâce n’est pas toujours au rendez-vous ! Chaque geste, si appliqué soit-il, peut apporter un élément de surprise, en bien ou en mal. En bien, c’est l’étonnement, en mal, c’est l’irritation !
Au cours de nos pratiques de yoga, nous avons connu quelques « moments étoilés » comme les appelait Dürckheim. Au cours de nos exercices de calligraphie, nous avons vu naître sous notre pinceau quelques superbes caractères chinois, quelques superbes bambous … autant de petits cadeaux qui nous ont consolés de beaucoup de déboires. Notre vie quotidienne aussi se trouve jalonnée de quelques rencontres réussies, de quelques moments de contemplation affectés d’un coefficient de plénitude. Tout se passe comme si, en récompensant nos efforts à des moments inattendus, ces petits cadeaux nous étaient donnés pour encourager notre persévérance « sur la Voie ». Ils n’étaient sans doute pas spectaculaires. C’étaient des cadeaux très subjectifs, très personnels : il est presque impossible de les communiquer, de les faire partager à notre entourage. Et pourtant, ils enracinent en nous le sentiment que nous avançons dans la bonne direction. Même s’il est fragile, c’est à ce sentiment de certitude que j’aimerais donner le nom d’équilibre. Dürckheim donnait le nom de « petite voix » à cette réalité ténue et fugitive.

 

Bernard Rerolle
Extrait de la Revue Française de Yoga – Juillet 1991

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J. Winkel - Le recevoir

Publié le par DC

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La vie se reçoit … 

Et plus s’élargit le réceptacle, plus grande est la communication avec le tout. Savons-nous recevoir les multiples communications qui fusionnent entre le corps, le psychisme, l’intellect et l’esprit ? Le geste le plus humble, exécuté avec l’entièreté du corps, devient réceptacle. L’ennui, la perte de goût de vivre sont les effets d’une limitation de notre champ d’action et d’intérêt. C’est l’incompréhension qui est l’effet d’une obstination à ne pas recevoir l’ensemble du problème. 

Comprendre, c’est pouvoir re-lier la partie au tout.
Quant aux erreurs, elles découlent d’une errance, d’une fuite consciente ou non, de l’enjeu qui nous permet de nous cramponner à ce qui nous intéresse sans jamais envisager la totalité. Ainsi, d’errements en errements, c’est la fuite en avant. A nous de dé- couvrir nos possibilités. La réceptivité permet de nous ouvrir à l’entièreté du réel, en nous et autour de nous. Apprendre à recevoir, c’est apprendre à sentir. La sensation s’épure et se fortifie par la réceptivité. Etre réceptif, c’est accueillir par tous ses sens. C’est se découvrir, s’ouvrir à la vie.
La première attitude requise pour recevoir est la confiance. Pour recevoir il faut faire confiance, pour s’ouvrir à l’autre, il faut risquer, oser se confier à l’inconnu et croire dans la bonté fondamentale de la vie.Outre la confiance, la patience sera de mise car en effet, la réceptivité qui nous relie à la vie, s’acquiert lentement. Vouloir « arriver » plus vite, ne fera que freiner la rencontre avec la vie. Il est nécessaire de vivre au rythme de ses nerfs sensitifs par qui se réalise la réceptivité. Naturellement, cela demande une disponibilité.Recevoir les évènements, les faits, ouvre l’Etre aux dimensions du réel.
Recevoir la sensation dans chaque partie de son corps qui s’exprime différemment, c’est vivre intensément.
Recevoir, c’est aussi prendre le temps. Il nous faut réapprendre à le « perdre » afin de retrouver notre propre rythme et réveiller l’influx vital qui sommeille en nous.

Accueillez … accueillez …

Cette qualité d’être dans la globalité, qu’il nous est permis de vivre sur un tapis, n’est pas un assemblage de sensations distinctes, mais un processus unique de fusionnement. Il peut se reproduire dans chaque pensée, chaque sentiment, chaque acte, au fur et à mesure qu’ils se produisent en nous, exactement, comme lorsque quelque chose nous intéresse profondément, lorsque nous observons un enfant, un paysage, les oiseaux.
Nous recevons sans condamnation, sans identification, de sorte, qu’en cet état, il y a communion complète.

Johanna Winquel
Extrait de la revue Yoga Energie - Avril / Juin 1994

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